Olympienne

22 Février 2018

« Pourquoi t'aimes ça autant, les Olympiques? » qu'on me demande. Avec un drôle d'air, la plupart du temps.

J'ai toujours trouvé cette question bizarre. Dans ma tête, la réponse était évidente. Mais du haut de mes 26 ans, force m'est de constater et d'admettre qu'autour de moi, personne n'écoute ça. Je suis toujours la seule à déblatérer sur les exploits de l'un ou de l'autre, à m'exciter devant les compétitions comme s'il n'y avait pas de lendemain, à nommer des légendes sans que leur évocation ne fasse sourciller personne. (Come on, Usain Bolt, tout le monde sait c'est qui!)

Je commence à comprendre que c'est spécial pour moi, mais pas pour tous. Et j'en suis venue à me demander pourquoi aussi. Pourquoi, moi, je passe 14 jours scotchée devant mon écran de télé à chaque deux ans? Pourquoi, moi, je compte les jours entre les Olympiques?

Et c'est drôle, j'en parlais justement avec ma mère cette semaine. Je lui demandais si elle me trouvait bizarre, à l'âge de 10 ans, de développer une telle fascination pour les Jeux Olympiques (Salt Lake City represent). Elle m'a dit que non, mais ce qui l'était par contre, c'est que je n'aimais pas le sport. …….. Bon point Mom!

Ce qu'il y a, c'est que c'est en fait jamais le sport qui m'a attiré dans tout ça. C'est simplement la beauté de la chose.

On est tous accros à quelque chose, et ça prend toutes sortes de formes, qu'on en soit conscient ou non. Moi, je suis une junkie du dépassement de soi. Et quand t'ouvres ta télé, aux Olympiques, peu importe le sport, l'athlète, le drapeau, le fuseau horaire, c'est ce que tu vois, à chaque seconde. Du dépassement de soi à l'état pur et toute la gamme d'émotions qui va avec. It gets me everytime. Même si c'est la Française qui monte sur la plus haute marche du podium, oui, je pleure avec elle. Ce moment d'accomplissement ultime, je voudrais en être témoin tous les jours.

Je pense que toute jeune, je me suis identifiée à ces athlètes de la même façon que je m'identifiais aux plus grandes chanteuses. Je voyais, là où tout le monde voit deux mondes opposés, les mêmes racines.

Ces athlètes, ils se dévouent, se donnent corps et âme pour leur sport, pour leur passion. Ils cherchent à atteindre les plus hauts sommets, à repousser les limites des plus grands, à faire PARTIE des plus grands. Ils se dépassent, à chaque jour, chaque heure, pour devenir la meilleure version d'eux-mêmes. Ils aspirent à tellement grand qu'ils se font dire que c'est impossible. Et pourtant ILS. LE. FONT.

Je veux être Simone Biles. Je veux être Tessa Virtue. Je veux être Justine Dufour-Lapointe. Pas parce qu'elles sont des olympiennes, mais parce qu'elles portent à bout de bras les plus belles valeurs qu'ils y a dans ce monde à mes yeux à moi.

On me demande souvent ce que je ferai, si ça ne fonctionne pas la musique. Je n'en sais rien. Je sais une chose par contre, c'est que cette soif d'accomplissement, cette ambition dévorante, cet amour pour le défi, cette recherche du dépassement de soi, ce sera toujours le centre de mon existence. J'ai simplement canalisé cette force, ce tourbillon, dans ma plus grande passion, qui à ce jour demeure la musique. Est-ce qu'on peut changer la forme? Peut-être. Est-ce qu'on peut changer le noyau? J'en doute. Au fond, je réalise que ce n'est pas la musique qui fait qui je suis, c'est ça.

Peut-être qu'alors je suis olympienne un peu à ma façon. Du moins, j'aime bien y croire. J'aime bien me dire que je porte à bout de bras les mêmes valeurs, et que je peux inspirer moi aussi toute une population.

J'aime bien me dire que dans une autre vie, je serai olympienne. C'est presque aussi puissant et cher à mon cœur que de dire qu'aujourd'hui, je suis artiste.


La petite madame et sa numérologie

4 Février 2018

J'ai rencontré, il y a plusieurs années, une femme qui faisait de la numérologie. Je suis de nature très curieuse et ouverte d'esprit, j'aimais bien tenter ce genre de chose. Considérer de nouvelles façons de penser, en prendre et en laisser. Lors de cette rencontre, elle m'avait dit que ce que j'étais venue chercher dans cette vie (si on assume qu'on en a plusieurs), c'était l'organisation. Et je me souviens d'avoir réagi très fort dans ma tête en m'efforçant de conserver un visage très sérieux, du genre «WTF, je suis la fille la plus organisée que je connaisse?!!». Elle avait pourtant l'air très crédible jusqu'à ce moment-là, mais j'ai fini par me dire qu'elle racontait peut-être n'importe quoi.

J'ai oublié pas mal tout le contenu de ce qu'elle m'a dit ce jour-là, mais ce propos m'a marqué, et j'y repense souvent. Parce que plus je vieillis et plus je me rends compte que l'organisation, c'est pas seulement remettre ses travaux à temps à l'école, se présenter à l'heure au travail, gérer un budget et mener des projets à terme. L'organisation, c'est gérer your whole shit together. TOUTE TA VIE. Pis ça ben, ouais, je pense que je rush un peu. Elle avait raison la petite madame. Je suis une forever apprentie de l'organisation.

Ça fait un bon moment que j'essaie de rétablir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, j'en ai déjà parlé ici. Une quête c'est long à compléter tsé. Pis, man, je trouve ça dur! Je suis tu la seule? Rassurez-moi svp. J'aime bien sentir que je suis pas trop bizarre. Ah et aussi me faire dire que la petite madame avait tort et que je vais pas chercher à organiser ma vie pour le reste de mon existence, merci! :)

Et puis, c'est quoi l'équilibre, au fond, dites-moi? On cherche à l'atteindre et on se rend compte en cours de route qu'il faut en plus le définir. Fuuuuuck. Mais ça va, je prends un peu plus de sagesse avec les années, et ma meilleure amie en prend le triple à chaque mois (jamais compris comment elle fait) alors je suis bien guidée.

C'est drôle, alors que ma vie a toujours tourné autour de la musique, je me rends compte maintenant que plus elle prend sa place de façon concrète dans mon quotidien, plus je ressens que ce n'est pas ''tout''. Certains sacrifices étaient sur le mode automatique depuis trop longtemps. Tasser un peu les voyages, la recherche d'un chez-soi, les relations de couple, les amitiés… Ça va pour un temps, mais pas pour l'éternité. C'était bien jusqu'au jour où je réalise que gagner un trophée à l'ADISQ, ben ça comblera peut-être pas tous mes désirs, finalement (oui, je suis un peu lente, j'aimais bien vivre dans le déni).

Je crois sincèrement que le travail que j'ai mis dans ma carrière en a valu les efforts. Mais alors que je me rapproche de mes objectifs, je prends davantage conscience de la valeur des relations qui nous nourrissent, des rêves qu'on chérit en parallèle, d'un bien-être personnel. La partie moins simple, maintenant, c'est de trouver de la place pour tout et de ne plus choisir l'un aux dépends des autres.

Et vous, vous posez-vous ces questions-là? Votre équilibre, il ressemble à quoi?

On me dit souvent que je pense trop, mais j'assume assez bien le fait d'être une personne très compliquée. Au final, j'ai bon espoir que complexité se transformera en richesse d'esprit et que chercher un sens à la vie m'amènera à accepter qu'on ne le connait pas.

Aristote disait qu'éduquer l'esprit sans éduquer le cœur, ce n'est pas de l'éducation. Moi je pense que le bonheur se trouve quelque part entre les deux. C'est peut-être pour ça que je cherche encore à résoudre l'équation. Peut-être que l'équilibre, c'est juste ça.


Une place à prendre

5 Novembre 2017

Elle est grande ouverte, la voie, mais personne ne vous invitera à la prendre.
Il y a une place au bout, mais personne ne vous l'offrira.
Il y a une place, mais personne ne vous le dira non plus.

La place elle est à prendre. Pour chacun. Elle est à celui ou celle qui saura se montrer plus brave, plus déterminé, plus vif. Elle est à celui ou celle qui croira qu'elle existe, qu'elle est là, qu'elle l'attend. Elle est à celui ou celle qui la saisira sans qu'on lui en donne la permission.

Moi j'ai décidé que je prendrais la mienne. Que j'ouvrirais les portes une à une sans même qu'on m'invite à entrer. Que je me tiendrais dans la lumière sans qu'on me le demande. Que je ferais assez de bruit pour qu'on n'ait pas le choix de m'entendre.

C'est la mission que je me donne au quotidien, et c'est aussi la mission que je portais dans mes tripes dimanche dernier au gala de l'ADISQ.

Pendant de nombreuses années, j'y ai fait de la figuration parce que je rêvais d'y être. On m'a montré une porte, j'y ai cogné jusqu'à-ce qu'elle s'ouvre. C'était ma façon à moi d'être là, de prendre place, d'avoir les pieds dans la salle et la magie devant les yeux. Mais l'an dernier, alors que je me promenais d'une place à l'autre comme j'avais l'habitude de le faire, ça ne m'a plus suffi. Parce que j'ai réalisé que je prenais une place, mais que ce n'était pas la mienne, que je ne faisais qu'emprunter. Que je prenais la place des autres ''en attendant'' d'avoir la mienne. Et je me suis fait la promesse à ce moment-là que c'était la dernière fois que j'attendrais qu'il y ait une place à combler pour qu'on me la prête. Que la mienne, je l'aurais parce que je la mérite. Que non seulement je l'aurais, mais que je n'attendrais pas qu'on me l'offre non plus.

Alors dimanche dernier, j'assistais au 39e gala de l'ADISQ non pas pour la première fois, mais pour la première fois avec mon propre billet à moi. Avec un siège qui me disait que je faisais partie intégrante de cette magnifique industrie. Une place qui me disait que j'existais.

Dimanche dernier, j'ai aussi foulé mon premier tapis rouge, avec toute mon incertitude de débutante et une fébrilité cachée dans mon cœur. Elle était là la voie, grande ouverte, mais personne n'allait m'inviter à l'emprunter. Au final, c'est exactement la raison pour laquelle j'y ai mis les pieds. Évidemment que les photographes et les journalistes sur le tapis ne me connaissaient pas. Je ne suis pas naïve, but I don't give a fuck. Parce qu'au moment où toutes les caméras étaient braquées sur moi, je savais que j'étais en train de semer des petites graines prêtes à éclore au printemps dans la tête des gens, à simples coups de «C'est qui elle? Je ne la connais pas…».

Ils sauront bientôt.

Oui l'ADISQ c'est un rêve pour moi, un immense rêve de petite fille que je chérirai toute ma vie, et aussi ma soirée préférée de l'année. Mais cette fois-ci, c'était plus. C'était ma façon de dire : je suis là, j'existe, et je n'attendrai pas qu'aucun d'entre vous ne m'offre une place avant de la prendre. Ma place je la fais, je la prends. Voyez-le, reconnaissez-le.

Il y a une place pour vous, pour moi, là où on la veut. On ne sait jamais combien de pas nous en séparent encore, ni ce que ça nous prendra au fond des tripes pour s'y rendre, mais elle est là et elle nous appartient. Osez réclamer votre place. Osez affirmer qu'elle est vôtre. Osez la prendre sans demander.

Pour reprendre les propos de Patrice Michaud, ému alors qu'il était sacré interprète masculin de l'année : «Je suis fière de moi». Parce que c'est admirable de se tenir debout devant toute une industrie et des milliers de téléspectateurs et être capable de l'admettre sans ciller, sans en être gêné le moins du monde. Avec cinq petits mots, il prononçait la phrase la plus forte de sens de toute la soirée. Des petits mots banals, mais qui changent tout lorsqu'on les place les uns après les autres. De petits mots qui assument toute leur puissance que lorsque dits tout haut. Des mots qui franchissaient ses lèvres parce que lui aussi, il avait osé réclamer sa place. Je suis fière, moi aussi. Fière d'avoir pris ma place ce soir-là.

Soyons fiers. Fiers de prendre notre place, fiers d'oser ÊTRE de la façon la plus vraie qui soit.


L'équilibre avant le carrousel

22 Octobre 2017

Carrousel, c'est le portrait de ma maladresse et de ma naïveté en amour. C'est le tableau qui révèle ma tendance à n'aimer que ceux avec qui ça ne fonctionnera pas. Je le dirai souvent : je ne raconte pas mes histoires, je raconte mes émotions. C'est un peu ma façon de me dévoiler le plus honnêtement du monde, sans tout laisser savoir sur ma vie. C'est un demi-mystère que j'affectionne beaucoup.

Toutefois, si Carrousel en dit beaucoup sur moi, elle en cache tout autant. Parce que dans l'envers du décor, Carrousel restera toujours pour moi la chanson qui devait voir le jour 6 mois plus tôt…

Life has a way of messing with your plans, you know. J'étais en pleine période de production pour lancer un extrait radio lorsque je me suis écroulée complètement en février dernier. Et j'avais tout prévu, sauf ça.

Honnêtement, j'ai longtemps hésité à en parler, parce que c'est plus difficile de partager ses faiblesses que ses forces. Mais je me sentirais tellement imposteur de vous inciter à tout donner pour vos rêves sans vous rappeler de prendre soin de vous au passage, de chérir cet équilibre fragile qui vous tient debout. De toutes les leçons que j'ai apprises jusqu'à présent, c'était la plus difficile à assimiler. À comprendre et surtout à accepter. Parce qu'on est tous et toutes, secrètement au fond de nous-mêmes, des Wonder Woman, des Superman. Nos grands-parents l'étaient, nos arrière-grands-parents l'étaient, et nos parents qui jonglaient avec trois enfants et une carrière l'étaient. Ça coule dans nos veines, mais on a jamais appris à le quantifier, à tracer une ligne.

Alors qu'on me dit souvent que je suis la détermination incarnée, la vérité, c'est surtout que je suis la détermination excessive. La vérité, c'est que je me suis donné à un point tel pour mon rêve dans les dernières années que je me suis oubliée complètement. Même pas oubliée, reniée plutôt. C'est pire. Je me suis tassée dans un petit coin en me disant que mes besoins physiques et psychologiques auraient le droit de parole quand je serais rendue au sommet. Mais la machine n'a pas besoin de mots, elle peut lâcher quand elle veut. Pis quand le moteur lâche, tout le monde le sait, c'est jamais bon signe.

C'est long, se remettre sur pied. Terriblement long. J'étais tellement impatiente que je réévaluais la situation aux deux jours avec désespoir devant l'évidence. Parce que oui, je suis pressée de réussir. Qui ne l'est pas? Les sommets n'attendent pas. On veut y être MAINTENANT. Et c'est exactement pour ça que j'en parle.

Je serai toujours celle qui vous poussera à en faire plus, à vous donner une chance, mais je veux ici être honnête sur l'envers de la médaille. N'oubliez pas une chose : VOUS. Ce n'est pas votre rêve qui vous mène, c'est vous qui le menez. Et si vous n'allez pas, rien n'ira. Votre rêve n'ira nulle part sans vous. Et si vous tombez, c'est que vous êtes humain. La seule erreur à ne pas faire, c'est de se dire que ça passera. Si vous tombez, ne faites pas que vous relever, changez quelque chose.

J'ai toujours été convaincue que c'est en faire toujours plus et ne jamais arrêter qui me mènerait au bout de mes rêves, parce qu'alors j'en ferais plus que les autres, mais c'est contreproductif. J'accomplis tellement plus de choses maintenant que je me donne le droit de me reposer et de m'écouter. Notre corps, notre tête, notre cœur, au final sont ceux qui nous mènent jusqu'au bout. Ils ne sont pas infaillibles, chérissez-les. Aimez vos faiblesses parce que lorsqu'écoutées, elles cèdent toute la place à vos forces.

Je suis passée, avec cette mésaventure, d'un état d'insatisfaction constant, une angoisse paralysante, une impatience et une presque agressivité à un état de reconnaissance, de plaisir, d'ambition saine et de réussite.

Carrousel pour moi, c'est tout ça. C'est un nouveau bagage de vie. C'est avoir mis de côté mes ambitions pendant quelques mois avec toute la misère du monde pour faire de moi ma priorité #1. C'est dur sur l'orgueil, dur de dévier de ses plans tout bien écrits, dur d'être imparfait. Mais au moment de lancer Carrousel, j'étais enfin en mesure d'apprécier ce que je faisais, et je sais aujourd'hui combien c'est précieux. Je suis incroyablement fière de tout ce que j'accomplis, mais surtout tellement fière d'être maintenant capable de le reconnaître, de le RESSENTIR jusqu'au fond de mes trippes. De savoir prendre le temps de savourer les petites victoires.

Pour la première fois de ma vie, je suis bien. Juste bien. Fière et heureuse, même dans les débarques que je prends encore. Parce que soyons honnêtes, si on ne donne pas le droit de parole à notre MOI physique et psychologique, on se prive aussi de tout ce qui peut nous nourrir et nous donner des ailes. Si on coupe le courant, ni le négatif ni le positif ne passe. Ce sont alors toutes les nuances de la vie qui nous échappent.

Sincèrement, qu'est-ce que rêver sans vivre?

Moi je l'ai fait. Et je sais maintenant que c'est vide de sens. Le rêve brille lorsqu'il peut se nourrir de ce que vous êtes, et non l'inverse.

Reconnaissez que c'est vous, la réussite. Votre rêve ne vit pas seul. S'il brille, c'est que VOUS brillez.

Aimez-vous pour ça.


« Y'a pas mort d'homme. »

15 Septembre 2017

Mon petit cœur s'emballe souvent devant les décisions à prendre. Ou plutôt devrais-je dire ma tête. Peur de me tromper, de faire les mauvais choix, de tout faire rater. Avoir les rêves collés au cœur ça rend un peu aveugle parfois.

Je suis en constant dilemme, souvent pour des niaiseries (vous avez même pas idée). La pression face aux choix à faire devient tellement lourde, paralysante même. J'ai longtemps essayé de m'enlever cette pression de sur les épaules parce que, on le sait, la perfection n'existe pas en ce monde… Mais il aura finalement fallu que la solution vienne d'une autre femme inspirante pour que je la considère vraiment.

J'ai eu la chance d'assister, il y a quelques semaines, à une conférence avec Andréanne Marquis, fondatrice de Womance. Une conférence sur l'entreprenariat où elle nous racontait son parcours, ses erreurs, ses apprentissages, nous refilant au passage ses petits trucs et secrets. L'un d'entre eux m'a profondément marqué. J'ai quitté la conférence en début de soirée, et revenue chez moi ça résonnait encore dans ma tête. J'ai pour principe que ce qui fait écho à ce point dans notre âme ne peut être ignoré.

« Y'a pas mort d'homme. »

C'est ça qu'elle a dit. Simple hen? Ayant travaillé en politique où la gestion de crise était quotidienne, Andréanne a appris à appliquer ce principe, ramenant à tout coup les pieds de l'équipe sur terre en réalisant que, c'est pas si grave que ça finalement.

Fak j'ai noté ça sur un post-it, et je l'ai affiché bien en vue sur mon bureau, histoire de pas l'oublier. Maintenant, chaque fois que je fige devant un choix, énorme ou minuscule, je me rappelle qu'au fond, y'a pas de vie qui dépend de mes choix. Ni la mienne ni celle de personne. Qu'au PIRE du pire, je vais me planter, pis me relever, comme je le fais depuis les 26 dernières années. C'est tu si dramatique?

Je me suis rendue compte à quel point ça peut être fort, de trouver quelques mots pour nous ancrer dans la réalité et relativiser sur ce qu'on a devant nous et délaisser cette quête absurde de la perfection. Faut juste trouver ceux qui nous parlent vraiment.

Même au moment de publier ces lignes, alors que je suis en train de me demander si c'est pertinent, si ça vous intéresse, si ça sert à quelque chose, si c'est bien écrit… Y'a pas mort d'homme.

Au fond, on devrait juste vivre nos vies comme ça nous plaît et être heureux. Et comme ça me rend heureuse d'écrire, voici un petit bout de moi sur papier en cette semaine ensoleillée où les choix se font un peu plus légers.


L'iceberg

10 Août 2017

Elle est si belle, la pointe de l'iceberg. Si belle qu'on oublie rapidement qu'on ne voit jamais tout le reste.

Ça n'a rien d'instantané. Rien de facile, rien de gratuit, rien de simple. C'est pas parce que ça marche, ni parce qu'on a un destin spécial. C'est pas non plus parce qu'on a de la chance, qu'on est bénis des dieux. C'est parce qu'on le fait.

Des fois je me regarde aller et j'ai peur de donner l'impression que pour moi c'est facile. Que pour moi, ça marche. Que moi on m'a donné un destin spécial. En réalité, il suffit de regarder mon parcours d'un peu plus près pour voir à quel point il n'est pas parsemé de chance, nulle part, juste marqué par des pas acharnés et une volonté à toute épreuve. Ça et du travail, du travail et encore du travail.

Au commencement, je n'étais pas dotée d'un talent naturel. Jeune, j'étais timide comme ça se peut pas. Aujourd'hui, je ne joue toujours d'aucun instrument. Je n'ai absolument rien d'un esprit business et marketing, rien d'une femme d'affaires. J'ai des parents qui n'ont jamais pu se permettre d'investir dans mes projets, pas même dans mes cours de chant. Rien ne me prédisposait à réussir dans la voie que j'ai choisie. Et pourtant je le fais. Tout n'est pas toujours donné. On prend les cartes qu'on a en main et on en tire le meilleur parti. On prend les détours qu'il faut pour arriver au même résultat différemment.

Du haut de mes 26 ans et toutes mes dents, je vis encore chez mes parents (coucou Mom!). J'ai une dette sans laquelle je n'aurais pas réalisé mes projets. J'ai un budget quotidien très mince et quelques boulots. J'ai croisé la route de l'épuisement professionnel à plusieurs reprises au point de m'envoyer faire des tonneaux dans le fossé. À ce jour, je me relève encore de la dernière ballade. Et pourtant je suis heureuse! Va savoir pourquoi y'a tant d'incohérence là-dedans! Pas heureuse du genre je vois la vie en rose et il pleut des arcs-en-ciel et tout est parfait. Non, non. God damn ma vie est loin d'être parfaite. Mais heureuse parce que j'écoute mon cœur, et parce que le pourquoi à tous ces sacrifices, c'est ma raison de vivre. La recette est tellement simple.

Détrompe-toi, mon but n'est pas de briser la beauté des rêves, mais plutôt de rendre justice à la réalité. Ce qu'on voit, de n'importe quel artiste, de n'importe quel ''achiever'' en fait, c'est les belles parties. C'est que la pointe de l'iceberg. J'avais envie de mettre en lumière toute l'autre partie de l'iceberg juste pour que tu comprennes que c'est à ta portée aussi, que les autres ils n'ont pas eu la pointe sans tout ce qui vient en dessous. On n'atterrit pas au top, on cache un monstre. Moi je l'escalade encore. Et si tu as devant toi actuellement tout ce qui se trouve en dessous de la pointe, c'est-à-dire la grosse boule effrayante et insurmontable qui semble vouloir te tomber sur la tête, ben c'est pas parce que t'es moins bon. Donne-toi une petite tape dans le dos! Tout le monde passe par là. T'es capable aussi, moi je te le dis.

Ça n'a rien de rose vois-tu (peut-être quelques fois, de temps en temps, quand même), mais c'est tellement grisant! Ce sont des sacrifices qu'il faut être prêt à faire. Il faut passer par le creux de vague pour la remonter de la façon dont on a toujours rêvé. C'est ça qui donne le vertige, ça qui paralyse les gens devant leurs rêves, devant le précipice dans lequel il faut sauter. Il faut vouloir réaliser son rêve plus que tout le reste. S'ancrer bien comme il faut dans ses valeurs, s'accrocher à ceux qu'on aime, et se laisser aller dans les montagnes russes ensuite en étant convaincu qu'on en sortira tellement plus fort, tellement plus vivant, comblé, heureux. Un rêve ne peut pas nous détruire si on le mène jusqu'au bout. Impossible.

Si j'écris cet article, c'est que j'ai pas envie que les gens me regardent et se disent ''Elle, ça marche''. Non. Je voudrais plutôt que les gens se disent ''Elle, elle le fait''. Parce qu'elle est là la différence. La vérité, c'est que peu importe le rêve, peu importe la personne qui le porte en elle, c'est difficile. La différence entre ceux qui les réalisent ou non, c'est pas le fait que ça marche. La différence réside dans la décision de le faire et de se rendre jusqu'au bout. Rien que ça. Et tout le monde peut le faire, s'il est prêt à tout surmonter, traverser les tempêtes et gravir l'Everest.

Évidemment que c'est terrifiant. Pour tout le monde, même quand on le laisse pas paraître crois-moi. Mais c'est aussi la plus belle chose qui puisse arriver dans une vie.

Moi, je le fais.

Et toi?


MA PLATE-FORME À MOI

20 Juin 2017

Au milieu de tous ces réseaux sociaux qui ne nous laissent qu'effleurer la surface de ce qu'on veut exprimer, qui ne nous laissent mettre qu'une seule image à la fois sur ce qu'on est, j'ai cette envie irrépressible depuis quelques temps d'un peu plus de partage, de profondeur, de vrai.

Qu'on s'entende, j'aime les réseaux sociaux. Beaucoup même! J'aime partager en un clin d'œil un brin de mes projets, vous inviter à un spectacle, trouver le plus beau filtre pour mes photos Insta - oui, je plaide coupable. Je suis, moi aussi, de ces accros qui consultent leurs fils d'actualité 50 fois par jour et je m'assume totalement! Mais je trouve qu'on est parfois en manque cruel de vérité entre ces murs virtuels imposés. J'ai envie d'établir un équilibre, du moins sur mon image à moi.

Ceux qui me connaissent savent combien j'aime écrire et jouer avec les mots, et pas juste dans les chansons. Je rêvais d'un endroit où je pourrais le faire, mais je m'étais déjà résignée devant le fait que les réseaux sociaux y sont très peu propices. Lorsque j'ai amorcé le projet pour lancer mon site web, j'y ai vu une petite brèche dans laquelle je pouvais glisser mon désir de vous parler davantage. L'évidence était telle que je n'avais aucune raison d'y renoncer.

Évidemment, mon site se veut d'abord et avant tout une plate-forme professionnelle, mais je voulais que le public y trouve son compte aussi, autant dans le visuel que dans le contenu. Je voulais une page pour vous, nourrissant un tout petit espoir que les mots vous intéressent autant que je les aime.

Je parlerai ici de tout et de rien, de ce que j'aime, de ce que je vis dans ma carrière, des opportunités saisies comme des opportunités manquées, les bons coups comme les échecs, les revers du managing, tous les rôles que je dois assurer en même temps et mon désir de m'entourer de gens passionnés. S'il y a une chose que je souhaite insuffler à chacune de mes phrases ici, c'est cette idée de prouver à ma façon que tout est possible. Toujours.

Je suis née avec cette conviction qui ne me quitte pas que tous les rêves sont à la portée de chacun et je porte toujours en moi ce désir ardent d'en convaincre le monde à son tour. Puisse cette plate-forme être porteuse du message que je souhaite véhiculer partout où je vais, partout où j'irai, et faire une petite différence.

Je suis privilégiée de vous avoir à mes côtés dans cette aventure, et je vous invite sincèrement à me faire part de vos idées et suggestions, en toute honnêteté, s'il y a des sujets sur lesquels vous aimeriez que j'écrive.

Avec tout mon amour, enfin… bienvenue dans mon univers!

Joanie